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Ces 6 femmes occupent le métier qu’elles rêvaient d’exercer étant petites

Marshall Bright

Quand on demande à un enfant : « Qu’est ce que tu veux faire quand tu seras grand, » le plus souvent, c’est plutôt pour en sourire. Après tout, qui sait réellement à 4 ans quel métier il ou elle exercera plus tard ? En outre, si on occupait tou·te·s le métier de nos rêves de notre enfance, il y aurait beaucoup d’institutrices, de ballerines et d’astronautes et peut-être pas assez d’analystes de données ou d’ingénieurs en bâtiment. Bien sûr, il y a des exceptions : des personnes qui ont décidé ce qu’elles voulaient être assez tôt dans leur vie… et qui ont tout fait pour que ça se réalise. Bien sûr, les réalités du métier d’enseignant ou de vétérinaire sont très différentes de ce que l’on peut imaginer quand on a dix ans. Qui aurait cru que presque tous les boulots impliquent de la paperasse et des réunions, même ceux de nos rêves ?

Alors, que se passe-t-il lorsqu’on y arrive ? Nous avons demandé à six femmes qui exercent le métier de leurs rêves de nous parler des réalités de celui-ci.

Les témoignages ont été révisées dans un soucis de clarté.

Natalie, 27 ans, décoratrice d’intérieur

« Je me souviens du moment précis qui m’a donné envie d’être décoratrice d’intérieur. J’avais l’habitude d’aller à Chicago tous les étés pour rendre visite à mes grands-mères, et on visitait le centre-ville en bateau. À un moment de notre visite — je devais avoir autour de 10 ans — ma grand-mère nous a montré du doigt un immeuble, le Merchandise Mart, et nous a dit quelque chose dans les lignes de :  « Il faut être quelqu’un de très spécial pour avoir accès à cet immeuble — c’est réservé aux designers. » Après ça, tout ce que je voulais, c’était entrer dans ce bâtiment, voir ce qu’il y avait dedans, et faire partie de ce monde !

Au lycée, j’ai commencé à suivre des cours d’art et à préparer un dossier de candidature pour l’école d’architecture. Nous n’avions pas de cours de dessin, alors j’ai fait de mon mieux pour lire des livres et apprendre la profession en dehors de l’école.

L’école d’architecture est assez éprouvante, c’est la seule fois où j’ai vraiment remis en question mon choix. Les heures tardives, les échéances constantes et les critiques sévères de nos projets, ça fout vraiment un coup au moral à force !

Il y a quelques années, j’ai enfin pu accéder au Merchandise Mart et découvrir toutes les salles d’exposition et tous les produits qui y étaient exposés, et je n’ai pas été déçue du voyage. »

Emily, avocate commise d’office, 30 ans

« Lorsque j’étais petite, mon rêve, c’était de devenir présidente de la République. Je pensais qu’être avocate était le meilleur moyen d’y parvenir. Je devais avoir quatre ou cinq ans à l’époque. En grandissant, j’ai cessé de vouloir être présidente, mais je n’ai jamais cessé de vouloir intégrer une école de droit pour aider les gens.

Je me souviens d’un rendez-vous avec le directeur de collège et mes parents pour discuter de mon choix de langue étrangère. Je voulais apprendre le latin parce que je pensais que ça me serait utile pour la faculté de droit et les expressions juridiques. Mes parents m’ont convaincu que l’espagnol serait un choix plus judicieux (…. je n’ai jamais réellement appris à parler l’espagnol couramment). Ça a eu une grande influence sur de nombreuses de mes décisions. J’ai choisi une université où je n’aurais pas besoin de prêt étudiant, car je savais que j’aurais des dettes importantes à l’issue de mes études de droit.

Maintenant que le pratique depuis 5 ans et que j’ai pu constater de première main la façon arbitraire dont différentes personnes sont traitées par la loi, cela me donne une raison supplémentaire de continuer. »

Marlea, physiothérapeute pédiatrique, 32 ans

« J’ai eu recours à de multiples séances de physiothérapie au cours de mes années d’école primaire et secondaire et je me souviens de l’impact et de la guérison que j’en ai tirés. J’ai trouvé la thérapie particulièrement intéressante. Une fois que j’ai été exposée au travail avec les enfants ayant des besoins spéciaux, ma détermination à me spécialiser en pédiatrie m’a motivée à aller jusqu’au bout. Je m’attendais au coté gratifiant qu’apporte le travail et l’aide aux enfants, et à quel point c’est amusant de travailler avec eux. Mais la paperasse est la partie la moins fun du travail. »

Jessie, directrice d’école de danse, 42 ans

« J’ai toujours aimé la danse, mais à l’âge de 13 ans, je me suis mise sur les pointes et j’ai tout de suite su que je voulais faire carrière en danse. À 14 ans, j’assistais une professeure de dans et je suis tombée amoureuse de la discipline. Arrivée en terminale, j’ai commencé à donner des cours de danse en plus du lycée, des cours de danse que je suivais, des répétitions et des spectacles. Mon parcours professionnel est ce qui a motivé mon choix d’université. Ils proposaient un diplôme d’art « pédagogie de la danse » — tout simplement un diplôme d’enseignement de la danse.

Pour la danse, les opportunités professionnelles sont rares et souvent éloignées les unes des autres. La plupart des élèves ne font pas carrière dans la danse, mais une chose est sûre, ils se souviendront des leçons de vie qu’ils ont apprises. Ils se souviendront de leurs réalisations, de la ponctualité, de la rigueur, de la capacité d’adaptation, du leadership, de la capacité à résoudre les problèmes, de ce que signifie une bonne éthique professionnelle et comment réussir dans ce monde. Je ressens une grande responsabilité dans mon rôle d’éducatrice. Je suis tellement passionnée par mon art et mon travail avec mes élèves. Ce métier, c’est une véritable vocation. »

Jessica, vétérinaire, 29 ans

« Beaucoup d’enfants rêvent de devenir vétérinaires, alors je dis simplement que je suis l’une de ceux qui n’ont jamais changé d’avis. J’ai récemment retrouvé un carnet dans le grenier de mes parents, intitulé “Faits intéressants sur les animaux”. J’y j’avais compilé des articles et des photos sur divers animaux. Je ne devais pas avoir plus de 7 ans à l’époque. J’adorais nos animaux de compagnie et j’adorais prendre soin d’eux ; à l’époque, je pensais que c’était tout ce qu’il fallait faire pour ce métier… mais j’ai appris qu’il en était autrement.

Au lycée, j’ai fais plusieurs stages d’observation auprès de vétérinaires près de chez moi pour comprendre les implications du métier — il s’avère que c’est un peu plus que de faire des papouilles à des bébés chiens. Mon rêve de devenir vétérinaire a eu une influence directe sur l’université que j’ai fréquentée et sur les emplois que j’ai occupés pendant les vacances scolaires et les vacances d’été. J’ai travaillé dans une ferme laitière et dans une clinique pour petits animaux pendant mes études. De toutes mes attentes sur le métier de vétérinaire, la seule chose vraie est l’interaction quotidienne avec les animaux. Cela peut sembler évident, mais honnêtement, QUEL CADEAU ! C’est génial de voir 10, 20, 30 animaux différents chaque jour ! Je ne peux pas imaginer la vie sans ce contact régulier avec toutes ces petites bêtes. »

Jessie, enseignante en sciences et directrice de STEAM Engagement, 31 ans

« J’ai toujours aimé les enfants et j’ai toujours eu le goût du contact. Je voulais être médecin ou pédiatre en plus d’être enseignante. J’ai maintenant un doctorat en sciences, donc… Je suis techniquement docteur ! Simplement pas docteur en médecine. J’ai toujours su que je voulais aider les autres, alors enseigner m’a semblé tout à fait logique.

Ce qui m’a poussé à enseigner au départ, c’était le fait d’aider les autres. Maintenant, mes deux principales raisons sont : aider à soutenir les jeunes filles dans le domaine sciences et aider à développer l’accès à la culture scientifique pour tous. Je pense qu’il est de mon devoir de m’assurer que les élèves reçoivent de bonnes bases en sciences. Je suis une femme avec un doctorat et mon nom est plutôt mixte, je sais ce que c’est que d’être confrontée à la discrimination. J’enseigne dans une école de filles. Je ne mens jamais à mes élèves en leur disant que c’est facile. Je leur parle de mes difficultés pour qu’elles sachent à quoi s’attendre, pour qu’elles sachent à quoi ressemble un cercle de soutien. Je veux qu’elles apprennent à aimer la science comme je l’aime et qu’elles ignorent ceux qui veulent les empêcher d’y arriver. »

J’ai reçu deux cartes de remerciement cette année qui disaient : « Je ne me voyais pas comme une “scientifique” avant de vous avoir. » J’ai toujours rêvé de ce moment, mais je ne m’étais pas préparée à en faire l’expérience. C’est quelque chose de très puissant. Ca remet les choses en perspective. »

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